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Déclaration liminaire de la FSU au CIEN du 23 juin 2008

jeudi 13 novembre 2008


Avant de commencer cette réunion du CIAEN, il est nécessaire de revenir sur les raisons qui ont mis dans la rue des dizaines de milliers de personnels de l’Éducation nationale, de parents et de lycéens tout au long de cette année.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Monsieur Sarkozy les réformes se multiplient dans tous les domaines : réduction des services publics et du nombre de fonctionnaires, retraites, recherche, emplois, pouvoir d’achat, culture...

La révision générale des politiques publiques, la RGPP, prévoit la poursuite et l’amplification de cette politique pour les 4 ans à venir. Ainsi l’objectif fixé est le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ce qui doit conduire à la suppression de 160 000 emplois dans la fonction publique d’État qui s’accompagne de la remise en cause du principe du statut dans la fonction publique.

L’Éducation nationale est la grande perdante de ce jeu de massacre puisque cela représente 20 000 emplois par an pour chacune des quatre années qui viennent, en rappelant que la saignée de cette année est d’un peu plus de 11 000 emplois et que cela s’ajoute aux 30 000 déjà supprimés depuis 2003 dans le même secteur.

La situation est dramatique car elle remet en cause l’éducation de toute une génération et obère l’avenir du pays. Les entreprises ayant besoin de personnels de haute technicité dont beaucoup sont dans notre région s’inquiètent sur les possibilités à venir de pouvoir recruter les personnels dont elles ont besoin.

En effet notre région est fortement touchée par ces suppressions annoncées. Et nos trois Recteurs appliquent ces mesures avec un zèle tout particulier allant jusqu’à supprimer plus de postes que le nombre d’emplois prévus par le budget. Ainsi sur les 8 départements ce sont 2 095 postes supprimés pour 1 392 postes supprimés au budget.

Ces suppressions de postes s’accompagnent de la disparition des forfaits UNSS correspondants, affaiblissant ainsi le sport scolaire, alors que tout le monde s’accorde à reconnaître ses réussites et son rôle au sein du service public d’éducation. Alors que le Ministre refuse d’augmenter la subvention à l’UNSS, il propose la généralisation de l’accompagnement éducatif concurrençant ainsi le sport scolaire.
De plus ces suppressions de postes ne se font pas de manière égale. Elles pèsent tout particulièrement sur les établissements où se concentrent les élèves des milieux modestes. Les lycées d’enseignement technologiques, surtout là où des formations entières disparaissent, payent le plus lourd tribut.

L’objectif affiché est de faire assurer les heures non couvertes par des heures supplémentaires supportées par les personnels restant. C’est ne pas tenir compte de la dégradation forte des conditions de travail, de la difficulté de notre métier, particulièrement dans notre région, difficultés pointées notamment pas des études de la MGEN. Nombre de personnels arrivent déjà usés en fin de carrière, et on prétend leur imposer un surcroît de travail en heures supplémentaire tout en reculant l’âge où ils pourront partir en retraite. Comment cela sera-t-il supportable alors que dans le même temps les procédures pour insuffisance professionnelles se multiplient pour des personnels qui approchent les 60 ans.

Cela conduit à des situations dramatiques pour les personnels et leurs familles et ne concerne pas les seuls enseignants. Les personnels administratifs ne sont pas épargnés. Les suppressions de postes, la surcharge de travail imposée à ceux qui restent provoquent un stress croissant et des maladies professionnelles ayant parfois une issue dramatique comme ce fut le cas dans l’académie de Versailles avec le suicide d’une collègue.

Et tout est prétexte à ces suppressions. Ainsi le schéma directeur des regroupements des agences comptables participe de cette volonté. Nous ne sommes pas étonnés devant votre silence en réponse à notre demande de précisions sur la qualification des postes administratifs supprimés. De la même façon, nous dénonçons la façon dont sont implantés les postes de SGASU dans nos académies. Ainsi, si à Versailles un semblant de concertation avait l’an dernier arrêté les critères d’implantation de ces postes en agence comptable, on constate que ce ne sont pas ces critères qui sont toujours pris en compte cette année. Et sans parler de l’implantation de ces postes en services, sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir.

Dans l’académie de Limoges, l’actuel président du Conseil régional s’est inquiété des risques que présentaient ces gros regroupements, notamment en termes de proximité pour les usagers. Nous souhaitons que Monsieur le Président du Conseil Régional d’Ile de France se prononce également sans équivoque.

Personnels de l’Éducation nationale, parents, lycéens qui défendent leur avenir, ont dû toute cette année faire face et se battre contre les restrictions budgétaires actuelles et à venir mais aussi dénoncer la conception passéiste de l’éducation qui s’installe à travers notamment les programmes. Cette politique dessine une école à plusieurs vitesses et les pratiques managériales, en particulier en ce qui concerne les évaluations, mettent en concurrence les personnels et vont à l’encontre des pratiques collectives de travail qu’il faut au contraire encourager.

Le président Sarkozy l’a dit, il faut décider les réformes qui permettront les suppressions de postes. Ce n’est que cela, et non l’intérêt des jeunes qui préside à la généralisation du bac pro en 3 ans, à la réduction de l’ordre de 30 % du nombre d’heures de cours en lycée, à la limitation des LV et des options, à la fusion des séries, aux terminales de détermination allégées et au contrôle en cours de formation. Ce n’est que la réduction des coûts qui anime ce gouvernement.

La détermination syndicale de la FSU est forte car ce qui se profile c’est un lycée allégé pour la masse des lycéens, débouchant sur des études supérieures courtes et profilées, tandis que la formation des élites relèverait d’un nombre réduit d’établissement bénéficiant de moyens supplémentaires et de la suppression de la carte scolaire permettant un recrutement d’élèves très sélectif. S’organise ainsi une école encore plus inégalitaire aux fonctions de tri social renforcées dont les conséquences seront une augmentation de l’échec scolaire sauf pour ceux qui pourront enrichir les marchands de soutien scolaire.

Cette situation est grave pour tous les jeunes et au delà pour l’avenir du pays. De nombreux élus inquiets pour l’avenir ont associé leur voix à la protestation de la rue. Ainsi comme il l’a écrit au Ministre de l’Éducation nationale le président de la région ne « pense pas que des établissements rénovés, dotés de matériels pédagogiques modernes puissent sans les enseignants nécessaires, assurer un service public de qualité » et il poursuit « relever les défis auxquels est confrontée la Région Ile-de-France suppose d’élever les qualifications de la population et d’offrir aux jeunes, en particulier des milieux les plus défavorisés, une formation leur assurant un véritable avenir professionnel, social et citoyen ». On en est de plus en plus éloigné !

C’est pourquoi les syndicats de la FSU ont malgré les difficultés liées au calendrier décidé de poursuivre l’information de la population, la mobilisation et l’action des personnels tout au long de ce mois de juin et que nous sommes prêt à reprendre dès les premiers jours de la rentrée qui, dans certains établissements risque d’être tout simplement impossible à mettre en œuvre faute de personnel en nombre suffisant.