Région française la plus peuplée, l’Île-de-France est aussi celle où le niveau de vie est le plus élevé, et l’une des moins touchées par le chômage. L’emploi, marqué plus qu’ailleurs par le poids du secteur tertiaire, reste cependant diversifié. L’ Île-de-France concentre les activités stratégiques et innovantes (un tiers des start-up françaises par exemple). Première destination touristique mondiale, la région rassemble le quart des emplois du secteur dans le pays.

Autant dire que les jeunes franciliens et franciliennes, qui occupent une place plus grande dans la population qu’ailleurs en France métropolitaine, ne devraient pas avoir trop de mal à trouver chaussure à leur pied et à s’insérer dans l’emploi. Et pourtant, la Région se dit « inquiète d’une insertion dans l’emploi moins élevée qu’ailleurs », et décidée à aider chaque jeune à « trouver sa voie », et à le guider « vers les métiers qui recrutent »[1]. Mais on peut s’interroger sur la pertinence de ses initiatives et de sa conception de l’orientation.

Même s’il est présenté comme le fruit d’une « ambition conjointe État-Région », le Schéma directeur des formations professionnelles initiales doit beaucoup aux orientations de la collectivité régionale. Au motif qu’il faut « apporter les bonnes formations aux bons endroits et au bon moment », selon les mots du vice-président chargé des lycées lors de la présentation du Schéma directeur, ces orientations visent surtout à « former là où il y a les jobs, le plus près possible des emplois »[2] comme le déclarait plus crûment un élu de la majorité.

Dans cet ordre d’idée, la région et l’État s’accordent sur la nécessité, dès les premières années de collège, de développer l’information sur les métiers porteurs, à la fois dans l’espace proche et dans l’avenir. Ils entendent construire une carte des formations en adéquation avec les besoins définis par les employeurs, sans s’interdire d’adapter localement les diplômes aux bassins d’emplois.

Est-ce vraiment porteur d’avenir pour les jeunes franciliens et franciliennes ? Est-ce même la garantie d’un système de formation performant et d’une insertion durable ? Dans les rares fenêtres qui s’ouvrent encore au dialogue social, la FSU Île-de-France n’a de cesse de porter un autre regard, plus soucieux de la psychologie des adolescents et adolescentes, de leur devenir dans la cité, de l’utilité sociale des métiers. Autour de chercheurs et chercheuses, de professionnel·les engagé·es, la FSU vous propose de réfléchir à ces questions lors d’un stage de formation syndicale organisé à Paris, le 7 mai 2026.

Ce stage se destine à tous ceux et toutes celles qui, par leur métier, sont conduit·es à évoquer avec les jeunes leur avenir professionnel. C’est le cas parfois de façon très informelle, au plus jeune âge, mais très vite, « ce qu’on veut faire plus tard » conditionne des choix cruciaux. Quel avenir pour ces jeunes en Île de France ? Comment ne pas être piégé par des représentations qui nous viennent de loin, ou les injonctions des milieux économiques et des pouvoirs publics qui se veulent « pro business » ?

 

[1] Bertrand Gréco, « Valérie Pécresse au JDD : « Je veux que tout devienne possible pour les jeunes » », Journal du Dimanche, 29 mai 2021

[2] Séance du conseil régional, 24 septembre 2025

 

 

Programme prévisionnel :

 

Matinée

  1. Avec le développement des compétences et des certifications, est-ce la fin du diplôme ?

Intervention de Fabienne Maillard, professeure en sciences de l’éducation à l’université Paris 8 Saint-Denis, dont les travaux portent sur les formations et les diplômes professionnels ainsi que sur les politiques publiques qui les élaborent, les modifient et les suppriment, à partir de la socio-histoire et de la sociologie.

  1. Travailler l’orientation dès le plus jeune âge, pratiquer la découverte des métiers au collège… Est-ce la bonne question au bon moment pour les élèves ?

Intervention du secteur Psy-EN du SNES-FSU

 

Après-midi

  1. Trajectoires d’insertion des jeunes issus des QPV (quartiers prioritaires de la politique de la ville) franciliens. Importance et limite des diplômes.

Intervention de Nicolas Prokovas, professeur associé d’économie à l’université Sorbonne Nouvelle Paris 3. Ses thèmes de recherche portent notamment sur l’analyse du fonctionnement du marché du travail.

  1. S’adapter au marché local de l’emploi, prioriser l’apprentissage… est-ce une solution pour les jeunes en Île-de-France ?

Table-ronde autour des camarades de FSU Emploi, l’une des branches de la FSU TEIOS (Travail, de l’Emploi, de l’Insertion et des Organismes Sociaux), qui syndique les personnels de France Travail, du SNUEP-FSU, qui syndique les personnels enseignants et d’éducation de la voie professionnelle et du SNETAP-FSU, principal syndicat des personnels de l’Enseignement Agricole Public, en présence de camarades de la FERC-CGT.

 

Quand ? Jeudi 7 Mai 2026, de 9h à 16h.

Où ? SNUipp, 14 rue Cabanis, Paris 14è.

Transport : Métro Glacière.

Programme : en cours de préparation.

 

LES STAGES SYNDICAUX, UN DROIT POUR TOUS !

Chaque personnel dispose d’un droit de 12 jours par an pour congés de formation syndicale avec traitement intégral. Ce droit n’est assorti que d’une seule contrainte : le dépôt auprès de votre chef de service d’une demande de congé pour formation syndicale un mois au moins avant la date prévue du stage.

Pour vous inscrire à cette formation syndicale, vous devez obligatoirement