Les conditions de préparation de la rentrée scolaire 2026 sont catastrophiques. Dans le 1er degré, les instances sur la carte scolaire auront lieu après les élections municipales, mais les annonces budgétaires font état déjà de moyens terriblement insuffisants au regard des besoins criants de l’école ! Dans le 2nd degré, les instances départementales sur les DGH allouées aux collèges et aux lycées viennent de se tenir. Les chiffres transmis par l’Administration révèlent une politique honteuse et des choix inacceptables pour les établissements ! La FSU IDF, avec l’intersyndicale régionale de l’Education, a appelé à la grève et à une mobilisation massive le mardi 17 février pour lutter contre le budget d’austérité et exiger pour le service public d’éducation les postes nécessaires à son bon fonctionnement. La manifestation parisienne a réuni 3000 personnes et s’est achevée sur une audience au ministère. Découvrez dans cet article notre compte-rendu.

Le Ministère a reçu en fin d’après-midi les 6 représentant.es des organisations syndicales signataires de l’appel à la mobilisation régionale (FSU, FNEC-FP-FO, UNSA, CGT Education, CFDT, Sud Education). L’audience a duré 1h30. La FSU IDF a commencé par rappeler combien les choix budgétaires et en particulier les suppressions de postes annoncées dans nos trois académies étaient humiliantes pour les personnels et indécentes pour les élèves. L’argument de la démographie scolaire est spécieux : puisque, dans le 1er degré, la démographie scolaire est en baisse, on pourrait profiter de cette baisse pour améliorer des conditions de travail et d’apprentissages considérées depuis des années comme particulièrement dégradées ; et quand les effectifs augmentent dans le 2nd degré, on constate des moyens insuffisants pour accompagner la hausse et des modèles d’allocation destinés à rogner partout pour mieux répartir ici ou là quelques miettes. Ces choix budgétaires, que l’intersyndicale régionale dénonce avec la plus grande fermeté, arrivent par ailleurs après des années de réformes iniques, imposées sans concertation, qui ont désorganisé profondément les écoles, les collèges et les lycées et ont épuisé durablement nos collègues.

Chaque organisation syndicale a dressé, chacune son tour, un tableau précis des difficultés rencontrées par les personnels sur le terrain. Rien n’a été oublié : souffrance au travail, augmentation des risques psychosociaux, manque de remplaçants dans le 1er degré, gel de la carte de l’éducation prioritaire, mise en place des PAS et absence de statuts pour les AESH, moyens insuffisants pour construire une école réellement inclusive, manque de postes de personnels médico-sociaux (infirmières scolaires, assistantes sociales et Psy-EN), saturation des vies scolaires dans le 2nd degré, pression managériale sur les « 800 collèges en progrès », concurrence inadmissible avec le privé sous contrat. Cette liste n’est pas une liste à la Prévert. Elle révèle une volonté politique acharnée de détruire progressivement le service public d’éducation et d’abandonner tout projet émancipateur d’une école capable de résorber la difficulté scolaire et les inégalités sociales. Tout montre en effet que l’école est exsangue et que les moyens repris du fait de la baisse démographique doivent être réinvestis immédiatement et entièrement dans le système éducatif pour alléger les effectifs par classe, augmenter le taux d’encadrement et améliorer les conditions de travail des personnels et les conditions d’accueil des élèves. Ces moyens sont plus que nécessaires pour apaiser les climats scolaires, assurer l’équité territoriale et garantir l’éducation de toutes et tous.

Les représentant.es du Ministre ont répondu aux arguments présentés par l’intersyndicale en plusieurs points. Ils ont tout d’abord relativisé les suppressions de postes annoncées, en expliquant que la reprise des moyens en lien avec la baisse démographique n’était que partielle et que le ministère faisait preuve d’une forme de clémence. Ils ont ensuite indiqué que près de 2000 postes relatifs au bon fonctionnement de l’école inclusive étaient créés pour la rentrée prochaine et que la grande majorité de ces postes étaient des ETP d’AESH. Enfin à ces postes s’ajoutent des créations d’emplois d’infirmières scolaires, d’AS et de Psy-EN destinés à venir renforcer les pôles médico-sociaux. A tous ces points la FSU IDF a réagi avec force. Dans le 1er degré, la reprise des moyens – même partielle – est inadmissible pour nos collègues qui se voient contraint.es d’accueillir des élèves à besoins particuliers dans des classes surchargées du fait de l’absence de remplacement. Fonctionner l’année prochaine à moyens constants permettrait non seulement de créer des postes de remplaçant.es, mais aussi de baisser les effectifs par classe. Les 2000 postes d’AESH créés au niveau national sont par ailleurs bien insuffisants au regard du nombre d’élèves actuellement sans AESH, alors qu’ils bénéficient d’une notification d’accompagnement. Près de 1000 élèves par département sont concernés. La FSU IDF y voit encore une raison supplémentaire de ne pas supprimer du tout de postes d’enseignant.es ! Ces postes non supprimés permettraient a minima de compenser le manque de renfort d’accompagnement en allégeant les effectifs par classe. Enfin, la FSU IDF s’est inquiétée du peu de postes crées sur le pôle médico-social au regard de la hausse démographique dans le 2nd degré et de l’absence de créations de postes de CPE et d’ETP en assistance éducative. Ce constat mènera sans aucun doute à des redéploiements inacceptables. Les académies de Versailles et Créteil refusent de participer à cette gestion de la pénurie en reprenant des moyens à Paris qui connaît une baisse dans le 2nd degré !

L’audience s’est achevée sur un échange concernant l’enseignement privé. Les représentant.es du Ministre ont tenu à rappeler que le ministère applique, en matière de suppressions et créations de postes, la règle de la « parfaite parité ». Le taux de scolarisation dans le privé sous contrat étant actuellement de 20%, quand 100 postes sont supprimés dans le public, 20 postes sont donc supprimés dans le privé. Il en est de même pour les créations. Ne soyons pas dupes. Cette règle s’applique au niveau national, mais la répartition des suppressions n’est sans doute pas aussi équitable au niveau local, et en particulier dans la Région Île de France. Ajoutons aussi que le taux d’encadrement dans l’enseignement privé n’est absolument pas normé et que par ailleurs, une suppression dans l’enseignement privé n’équivaudra jamais à une suppression dans une école ou un établissement d’éducation prioritaire. Nous pouvons donc conclure aisément que cette parité est toute relative et que c’est bien l’école publique qui subit aujourd’hui le plus de pertes !